Au Sénégal, pour beaucoup, le mot « xalam » n’évoque que la fabuleuse épopée d’un orchestre portant le même nom. Mais en réalité, le célèbre groupe s’est approprié le sobriquet d’un instrument traditionnel de musique. Le « xalam » est une petite guitare jouée dans toute l’Afrique de l’Ouest. Il fait partie de la famille des tétracordes.
Le xalam est un instrument musical, chargé d’histoire. Au Mali, la dénomination des différentes cordes informe largement sur les rapports exigus du « xalam » à l’épopée (Kaladioula Diabaté, Domba, Djibi Cissoko, Toutou Diarra, etc.) Ces hommes pré-cités, ont vu leur nom s’éterniser à travers les appellations de ces instruments. Dès lors, le « xalam », plus que les autres accessoires musicaux, mérite une attention particulière, parce qu’il joue un rôle fondamental dans la connaissance de l’Histoire.
Il a connu son âge d’or dans la période précoloniale et coloniale. Son avènement correspond à l’essor de la musique instrumentale. En fait, le « xalam », de la famille des cordophones, est en Afrique subsaharienne ce que le luth est en Occident, la « vida » et le « sita » en Inde, le « kin » et le « biwa » en Chine et au Japon, le « al aoul » en Arabie.Cet instrument permet de développer un art musical raffiné. Il est porteur de symboles et de représentations cosmiques. On situe son origine dans l’Egypte ancienne, il y a déjà quatre mille ans et il servait à « bercer » les rois. Idem pour la kora, instrument d’origine mandingue qui est passé par l’Empire du Gabou avant d’atterrir au Sénégal.
Le « xalam » est joué un peu partout en Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au Sénégal, avec des variétés comme « l’ekonting » de la Casamance, un instrument à trois cordes qui est joué par les Diolas Kassa. Le « xalam » demeure l’instrument roi dans les cours du Djolof, du Baol, du Cayor. Son introduction au Cayor au XVII éme siècle coïncida avec le règne du Damel Biram Yacine Boubou.
Dans le Baol, des instruments traditionnels tels que le « xiin » et le « gorong » qui sont des sortes de tam-tam étaient mis à contribution lors d’événements particuliers marquant les sorties des chefs traditionnels. Dans le Sine, les « djoungs djoungs » annonçaient la sortie du roi, le « xiin » servait à galvaniser les troupes en temps de guerre tandis que le « xalam » était utilisé pour le repos des guerriers.
A retenir que le rôle de certains instruments peut changer selon les époques. Le « xiin » est aujourd’hui utilisé dans les baptêmes, les mariages, les fêtes familiales. A l’époque de la royauté, un tel acte aurait profondément soulevé l’ire et relevé de la profanation. Le « djoung djoung », instrument du Sine, est utilisé dans le Baol Sine à l’occasion des « xoys » et autres cérémonies pour annoncer l’hivernage.

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